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© C. Dubreuil

 

 

C'est une décision réflechie
03/12/2009

"Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j'ai décidé de mettre un terme à ma carrière."

- Pouvez-vous nous expliquer les raisons qui vous y ont poussée ?
C'est une décision qui a été longuement réfléchie. J'avais envie de prendre mon temps. C'est vrai que c'est un peu triste, mais c'est une décision qui est venue à moi comme une évidence au fil des dernières semaines et des derniers mois.

- La fatigue, physique ou mentale, y est pour quelque chose ?
Des difficultés surtout mentales en fait. Cela fait quand même 25 ans que ma vie tennistique est en route, et je sens que j'arrive au bout du chemin avec des choses extraordinaires qui se sont passées. J'ai obtenu des résultats qui sont allés au-delà de mes rêves, de mes espérances. C'est vrai le paramètre physique est important, plus vous avancez et plus c'est difficile d'être au niveau et d'enchaîner les semaines. C'était devenu de plus en plus dur. Aujourd'hui concrètement, je n'ai plus envie d'aller sur le terrain m'entraîner. A partir de ce constat très simple, il faut prendre une décision qui s'impose comme une évidence. J'ai eu la chance d'avoir une carrière extraordinaire. Je crois que dans ma tête ça s'est terminé après Wimbledon. J'ai voulu continuer pour finir ma saison et je crois que le moment est venu de tourner la page et de passer à autre chose.

- Est-ce une décision que vous avez prise seule ?
C'est une décision qui m'appartient à 100%. Je sais que toute mon équipe était là pour m'aider et m'encourager. Elle croyait encore en mes capacités. J'ai beaucoup écouté mes proches, et les mots de mon équipe ont pesé lourd dans la lenteur de ma prise de décision. La flamme, l'envie, la passion ne sont plus là. La tournée américaine cet été a été très difficile à vivre. C'est ça aussi qui me pousse aujourd'hui à vous dire tout cela. Depuis la fin de l'US Open, à aucun moment j'ai eu envie d'appeler mon équipe pour leur dire: "Allons y ! On y retourne." Non. Tout cela était bel et bien terminé dans ma tête. Et je n'ai aucun regret de m'arrêter maintenant.

- Avez-vous pensé à disputer l'Open Gaz de France à Paris en février 2010 pour vos adieux ?
Cela n'a jamais été vraiment quelque chose de possible dans ma tête. Il fallait faire la préparation hivernale, et ça je n'en avais plus envie. C'est là aussi où je me dis que c'est la bonne décision. Evidemment s'il suffisait d'arriver sur le terrain et de briller, mais pour arriver à ça il y a un gros boulot, et je ne me sens pas capable de le faire.

- Donc vous allez partir sans faire vos adieux au public...
On verra comment on s'organise. Je sais que peut-être quelque chose sera organisé à Coubertin. Mais en tant que joueuse de tennis, cela ne se fera pas. J'ai vu Fabrice Santoro pendant sa dernière saison faire ses derniers matches. Ce n'est pas quelque chose qui me tente. Je voulais faire cette saison à fond, sans penser que c'était la dernière. Cela fait partie de ma personnalité.

- Est-ce que vous avez des regrets, notamment celui de ne pas avoir réussi à Roland-Garros ?
Non, je me retourne aujourd'hui sans aucun regret, mais avec une immense fierté. Je ne rêvais pas d'avoir ce palmarès-là. Oui je rêvais de gagner un Grand Chelem. Numéro 1 mondiale, je n'en parle même pas, je pensais que c'était inaccessible... La Fed Cup, c'était une aventure humaine absolument incroyable. Il y a eu des trophées soulevés parmi dans le monde... Notamment à Paris, c'était magique. J'ai vécu dix ans magiques, incroyables, avec des moments heureux, des remises en question, de la persévérance. J'ai été encadrée, portée, aimée par mon équipe tout au long de cette fin de saison et je ne les remercierai jamais assez.

- Quels souvenirs vous viennent à l'esprit ?
Je n'ai pas d'images, je suis complètement dans l'émotion. Depuis que j'ai pris ma décision, beaucoup d'images sont venues, mais là aujourd'hui je suis simplement contente que mes proches, mais aussi d'autres personnes, soient là. Cela me montre aussi que ce que j'ai créé dans le monde du sport est de très fort. Tout est parti de la Fed Cup, où le tennis féminin en France a décollé avec la finale 2005, que l'on a perdu à Roland-Garros mais le public nous a tellement poussées que cela m'a beaucoup ému. Ensuite, il y a eu cette médaille d'argent à Athènes en jeux Olympiques qui m'a procuré une énorme émotion. Et puis, je n'oublie pas les Masters fin 2005 face à Mary Pierce ce qui a conditionné ma superbe année 2006 et le gain de mes deux titres en Grand Chelem qui reste mes plus beaux résultats. Tout cela me laisse une immense fierté.

- Il n'y a donc aucune chance pour que vous sortiez de votre retraite à votre tour dans quelques temps ?
Je sais qu'il ne faut jamais dire jamais. Mais un retour à la compétition, je n'y crois pas trop. Je vois bien à quoi vous faites allusion avec le retour de Kim Clijsters et de Justine Henin, pour ne prendre que les dernières... Mais j'ai désormais 30 ans et il est temps que je passe à autre chose. Maintenant, j'ai des craintes, je ne le cache pas. Des peurs de ne plus m'éclater comme j'ai pu le faire auparavant. C'est normal, c'est une fin, une petite mort pour moi. Mais c'est réfléchi. J'ai vécu ma carrière de façon exacerbée et je ne regrette rien.

- Savez-vous ce que vous allez faire dorénavant ?
Pour l'instant, le futur n'est pas déterminé pour moi. J'aime bien prendre mon temps, ne pas me précipiter. J'ai quelques idées en tête mais aujourd'hui ce n'est pas le sujet. Transmettre en tout cas est quelque chose d'intéressant et une idée à creuser. Mais là aussi, je me laisse du temps pour déterminer ce qui s'offre à moi. Mais je suis compétitrice dans l'âme, donc je suis prête à relever de nouveaux challenges.

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Source Eurosport France

 

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